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INDRIYABHAVANA SUTTA

Le développement des facultés sensorielles

Ainsi ai-je entendu, une fois le Bienheureux séjournait dans le parc de Mukhelu, près de Kjangala.

Un jour, un jeune homme nommé Uttara, élève du brahmane Parasariya, s’approcha du Bienheureux. S’étant approché, il échangea avec lui des compliments de politesse et des paroles de courtoisie, puis s’assit à l’écart sur un côté. Le Bienheureux s’adressa au jeune homme Uttara et demanda :
– Est-ce que, Ô Uttara, le brahmane Parasariya adresse à ses élèves un enseignement sur le développement des facultés sensorielles ? – Oui, Ô vénérable Gotama. Le brahmane Parasariya adresse à ses élèves un enseignement sur le développement des facultés sensorielles. – De quelle façon, Ô Uttara, le brahmane Parasariya adresse-t-il à ses élèves son enseignement sur le développement des facultés sensorielles ?

Le jeune homme Uttara répondit :
– Il ne faut pas voir les formes matérielles par les yeux. Il ne faut pas écouter les sons par les oreilles. C’est ce que, Ô vénérable Gotama, le brahmane Parasariya enseigne à ses élèves sur le développement des facultés sensorielles.

Le Bienheureux dit :
– Ainsi, Ô Uttara, selon l’enseignement du brahmane Parasariya, un aveugle est quelqu’un qui a une faculté sensorielle développée et un sourd est quelqu’un qui a une faculté sensorielle développée, car l’aveugle ne voit pas les formes par ses yeux et le sourd n’écoute pas les sons par ses oreilles !

Lorsque le Bienheureux se fut exprimé ainsi, le jeune homme Uttara, élève du brahmane Parasariya, resta assis en silence, honteux, les épaules tombantes, le visage baissé et incapable de parler.
Le Bienheureux constata alors que le jeune homme Uttara, élève du brahmane Parasariya, restait assis en silence, honteux, les épaules tombantes, le visage baissé et incapable de parler.

Pendant cette discussion, Ananda, disciple du Bouddha était assis auprès du Bienheureux.

Le Bienheureux s’adressa à Ananda et dit :
– Ô Ananda, le brahmane Parasariya adresse à ses élèves un certain enseignement sur le développement des facultés sensorielles. Cependant, Ô Ananda, dans la discipline des êtres Nobles, l’incomparable méthode du développement des facultés sensorielles est autre chose.

Ananda dit :
– Le bon moment est arrivé, Ô Bienheureux, le bon moment est arrivé pour expliquer l’incomparable développement des facultés sensorielles selon la discipline des êtres Nobles. Ayant écouté les paroles du Bienheureux, les disciples les garderont dans leur mémoire.
– Très bien, Ô Ananda. Ecoutez donc attentivement. Je vais parler, dit le Bienheureux.
– Bien, Ô Bienheureux, dit Ananda.

Le Bienheureux dit :
– Quelle est, Ô Ananda, l’incomparable développement des facultés sensorielles dans la discipline des êtres Nobles ? Ô Ananda, lorsqu’un disciple voit une forme matérielle par ses yeux, il se produit chez lui une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréables et désagréable. Le disciple le sait selon la réalité :
– Voici une sensation agréable qui se produit chez moi. Voici une sensation désagréable qui se produit chez moi. Voici une sensation à la fois agréable et désagréable qui se produit chez moi. Cette sensation se produit puisqu’elle est un fait conditionné; elle est un fait grossier; c’est un effet qui est produit par des causes. Cependant, c’est l’équanimité qui est pure, qui est excellente.
– Lorsqu’il réfléchit ainsi, la sensation agréable ou la sensation désagréable, ou la sensation à la fois agréable ou désagréable s’estompe chez lui. Enfin c’est l’équanimité qui reste. Tout comme, Ô Ananda, un homme qui peut voir, ayant les yeux ouverts, les ferme ou, ayant les yeux fermés, les ouvre. De même, Ô Ananda, c’est avec une telle vitesse, une telle rapidité, une telle aisance qu’une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréable et désagréable s’estompe et, enfin, c’est l’équanimité qui reste. Tel est, Ô Ananda, le développement de la faculté sensorielle concernant les formes matérielles connaissables par les yeux.

– Et encore, Ô Ananda, lorsqu’un disciple a entendu un son par ses oreilles, il se produit chez lui une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréables et désagréable. Le disciple le sait selon la réalité :
– Voici une sensation agréable qui se produit chez moi. Voici une sensation désagréable qui se produit chez moi. Voici une sensation à la fois agréable et désagréable qui se produit chez moi. Cette sensation se produit puisqu’elle est un fait conditionné; elle est un fait grossier; c’est un effet qui est produit par des causes. Cependant, c’est l’équanimité qui est pure, qui est excellente.
– Lorsqu’il réfléchit ainsi, la sensation agréable ou la sensation désagréable, ou la sensation à la fois agréable ou désagréable s’estompe chez lui. Enfin c’est l’équanimité qui reste. Tout comme, Ô Ananda, un homme fort est capable de claquer ses doigts, de même, c’est avec une telle vitesse, une telle rapidité, une telle aisance qu’une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréable et désagréable s’estompe et, enfin, c’est l’équanimité qui reste. Tel est, Ô Ananda, le développement de la faculté sensorielle concernant les sons connaissables par les oreilles.

– Et encore, Ô Ananda, lorsqu’un disciple a senti une odeur par son nez, il se produit chez lui une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréables et désagréable. Le disciple le sait selon la réalité :
– Voici une sensation agréable qui se produit chez moi. Voici une sensation désagréable qui se produit chez moi. Voici une sensation à la fois agréable et désagréable qui se produit chez moi. Cette sensation se produit puisqu’elle est un fait conditionné; elle est un fait grossier; c’est un effet qui est produit par des causes. Cependant, c’est l’équanimité qui est pure, qui est excellente.
– Lorsqu’il réfléchit ainsi, la sensation agréable ou la sensation désagréable, ou la sensation à la fois agréable ou désagréable s’estompe chez lui. Enfin c’est l’équanimité qui reste. Tout comme, Ô Ananda, une goutte d’eau tombe sur une feuille de lotus, qui descend sur la pente et ne reste pas. De même, Ô Ananda, c’est avec une telle vitesse, une telle rapidité, une telle aisance qu’une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréable et désagréable s’estompe et, enfin, c’est l’équanimité qui reste. Tel est, Ô Ananda, le développement de la faculté sensorielle concernant les odeurs connaissables par le nez.

– Et encore, Ô Ananda, lorsqu’un disciple a goûté une saveur par sa langue, il se produit chez lui une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréables et désagréable. Le disciple le sait selon la réalité :
– Voici une sensation agréable qui se produit chez moi. Voici une sensation désagréable qui se produit chez moi. Voici une sensation à la fois agréable et désagréable qui se produit chez moi. Cette sensation se produit puisqu’elle est un fait conditionné; elle est un fait grossier; c’est un effet qui est produit par des causes. Cependant, c’est l’équanimité qui est pure, qui est excellente.
– Lorsqu’il réfléchit ainsi, la sensation agréable ou la sensation désagréable, ou la sensation à la fois agréable ou désagréable s’estompe chez lui. Enfin c’est l’équanimité qui reste. Tout comme, Ô Ananda, un homme fort peut cracher une particule de mucus rassemblée sur sa langue. De même, Ô Ananda, c’est avec une telle vitesse, une telle rapidité, une telle aisance qu’une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréable et désagréable s’estompe et, enfin, c’est l’équanimité qui reste. Tel est, Ô Ananda, le développement de la faculté sensorielle concernant les saveurs connaissables par la langue.

– Et encore, Ô Ananda, lorsqu’un disciple a senti une chose tangible par son corps, il se produit chez lui une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréables et désagréable. Le disciple le sait selon la réalité :
– Voici une sensation agréable qui se produit chez moi. Voici une sensation désagréable qui se produit chez moi. Voici une sensation à la fois agréable et désagréable qui se produit chez moi. Cette sensation se produit puisqu’elle est un fait conditionné; elle est un fait grossier; c’est un effet qui est produit par des causes. Cependant, c’est l’équanimité qui est pure, qui est excellente.
– Lorsqu’il réfléchit ainsi, la sensation agréable ou la sensation désagréable, ou la sensation à la fois agréable ou désagréable s’estompe chez lui. Enfin c’est l’équanimité qui reste. Tout comme, Ô Ananda, un homme fort peu replier son bras qui était étendu, ou étendre son bras qui était replié. De même, Ô Ananda, c’est avec une telle vitesse, une telle rapidité, une telle aisance qu’une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréable et désagréable s’estompe et, enfin, c’est l’équanimité qui reste. Tel est, Ô Ananda, le développement de la faculté sensorielle concernant les choses tangibles connaissables par le corps.

– Et encore, Ô Ananda, lorsqu’un disciple a perçu un objet mental par sa pensée, il se produit chez lui une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréables et désagréable. Le disciple le sait selon la réalité :
– Voici une sensation agréable qui se produit chez moi. Voici une sensation désagréable qui se produit chez moi. Voici une sensation à la fois agréable et désagréable qui se produit chez moi. Cette sensation se produit puisqu’elle est un fait conditionné; elle est un fait grossier; c’est un effet qui est produit par des causes. Cependant, c’est l’équanimité qui est pure, qui est excellente.
– Lorsqu’il réfléchit ainsi, la sensation agréable ou la sensation désagréable, ou la sensation à la fois agréable ou désagréable s’estompe chez lui. Enfin c’est l’équanimité qui reste. Tout comme, Ô Ananda, lorsqu’un homme verse chaque jour deux ou trois gouttes d’eau dans une casserole chauffée au rouge, ces gouttes d’eau sont détruites aussitôt et elles sont consommées aussitôt. De même, Ô Ananda, c’est avec une telle vitesse, une telle rapidité, une telle aisance qu’une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréable et désagréable s’estompe et, enfin, c’est l’équanimité qui reste. Tel est, Ô Ananda, le développement de la faculté sensorielle concernant les états mentaux connaissables par la pensée.

– Et quel est, Ô Ananda, l’entraînement chez un disciple étudiant ?
– Lorsque le disciple a vu une forme matérielle par ses yeux, il se produit chez lui une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréables et désagréable. A cause de la sensation agréable, ou à cause de la sensation désagréable, ou à cause de la sensation à la fois agréable et désagréable qui s’est produite chez lui, le disciple est soucieux, il est honteux et il est dégoûté par une telle sensation.

– Lorsque le disciple a entendu un son par ses oreilles, il se produit chez lui une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréables et désagréable. A cause de la sensation agréable, ou à cause de la sensation désagréable, ou à cause de la sensation à la fois agréable et désagréable qui s’est produite chez lui, le disciple est soucieux, il est honteux et il est dégoûté par une telle sensation.

Il en est ainsi également pour les odeurs connaissables par le nez, les saveurs par la langue, les choses tangibles par le corps, les objets mentaux par la pensée. Le suttra continue…

– Et quel est, Ô Ananda, l’être Noble dont les facultés sensorielles ont été développées ?
– Lorsque le disciple a vu une forme matérielle par ses yeux, il se produit chez lui une sensation agréable ou une sensation désagréable, ou une sensation à la fois agréables et désagréable.
Alors s’il souhaite :  » Que je demeure sans conscience de la répugnance, dans un cas de répugnance.  » Alors il demeure sans conscience de la répugnance.
S’il souhaite :  » Que je demeure avec conscience de la répugnance, dans un cas de non-répugnance.  » Alors il demeure avec conscience de la répugnance.
S’il souhaite :  » Que je demeure avec conscience de la répugnance, dans un cas à la fois répugnant et non-répugnant.  » Alors il demeure avec conscience de la répugnance.
Cependant, s’il souhaite :  » M’étant débarrassé de la non-répugnance comme de la répugnance, que je demeure dans l’équanimité avec l’attention et la conscience claires.  » Alors il demeure dans l’équanimité avec l’attention et la conscience claires.
Ainsi, Ô Ananda, c’est lui qui est l’être Noble dont les facultés sensorielles ont été développées.

Il en est ainsi également pour les sons connaissables par les oreilles, les odeurs par le nez, les saveurs par la langue, les choses tangibles par le corps, les objets mentaux par la pensée. Le suttra continue…

– C’est de cette façon, Ô Ananda, que l’incomparable développement des facultés sensorielles dans la discipline des êtres Nobles a été enseignée par moi; de cette façon que l’entraînement du disciple étudiant a été enseigné par moi ; de cette façon que j’ai défini l’être Noble dont les facultés sensorielles ont été développées.
– S’il est un devoir pour un maître religieux compatissant, plein de bonne volonté et qui souhaite le bien-être de ses disciples, ce devoir pour vous tous a été rempli par moi.
– Voici, Ô Ananda, les pieds des arbres, voici les endroits isolés. Engagez-vous, Ô Ananda, dans le progrès intérieur. Ne soyez pas paresseux afin de n’avoir pas, plus tard, des regrets. Cela est notre instruction pour vous tous.
Ainsi parla le Bienheureux. Ravi, Ananda se réjouit des paroles du Bienheureux.

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METTA SUTTA

L’amour universel

Voici ce qui doit être accompli par celui qui est sage, qui recherche le bien et a obtenu la Paix.
Qu’il soit appliqué, droit, parfaitement droit, docile, doux, humble, content, aisément satisfait. Qu’il ne se laisse pas submerger par les affaires du monde, qu’il ne se charge pas du fardeau des richesses, que ses sens soient maîtrisés. Qu’il soit sage, sans orgueil et ne s’attache pas aux familles.

Qu’il ne fasse rien qui soit mesquin et que les sages puissent réprouver.
Que tout les êtres soient heureux, qu’ils soient en joie et en sûreté.

Toute chose qui est vivante, faible ou forte, longue, grande ou moyenne, courte ou petite, visible ou invisible, proche ou lointaine, née ou à naître, que tous ces êtres soient heureux.
Que nul ne déçoive un autre ni ne méprise aucun être si peu que ce soit. Que nul par colère ou par haine, ne souhaite de mal à un autre.

Ainsi qu’une mère au péril de sa vie surveille et protège son unique enfant, ainsi avec un esprit sans limites doit-on chérir toute chose vivante, aimer le monde en son entier, au-dessus, au-dessous et tout autour, sans limitation, avec une bonté bienveillante et infinie.

Etant debout ou marchant, étant assis ou couché, tant que l’on est éveillé on doit cultiver cette pensée. Ceci est appelé la suprême manière de vivre.

Abandonnant les vues fausses, ayant la vision intérieure profonde, vertueux, débarrassé des appétits des sens, celui qui est perfectionné ne connaîtra plus la renaissance.

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ANATTALAKKHANA SUTTA

La doctrine du non-soi

Une fois, le Bienheureux séjournait au parc aux Daims, à Isipatana, près de Bénarès. Le Bienheureux s’adressa aux cinq moines et dit :

La forme, ô moines, n’est pas le Soi. Si la forme était le Soi, ô moines, la forme ne serait pas sujette aux maladies et l’on aurait la possibilité de dire à propos du corps : Que mon corps devienne ou ne devienne pas tel pour moi.
Cependant, puisque le corps n’est pas le Soi, le corps est sujet aux maladies et l’on n’a pas la possibilité de dire à propos du corps : Que mon corps devienne ou ne devienne pas tel pour moi.

La sensation, ô moines, n’est pas le Soi. Si la sensation était le Soi, ô moines, la sensation ne serait pas sujette aux maladies et l’on aurait la possibilité de dire à propos de la sensation : Que ma sensation devienne ou ne devienne pas telle pour moi.
Cependant, puisque la sensation n’est pas le Soi, la sensation est sujette aux maladies et l’on n’a pas la possibilité de dire à propos de la sensation : Que ma sensation devienne ou ne devienne pas telle pour moi.

La perception, ô moines, n’est pas le Soi. Si la perception était le Soi, ô moines, la perception ne serait pas sujette aux maladies et l’on aurait la possibilité de dire à propos de la perception : Que ma perception devienne ou ne devienne pas telle pour moi.
Cependant, puisque la perception n’est pas le Soi, la perception est sujette aux maladies et l’on n’a pas la possibilité de dire à propos de la perception : Que ma perception devienne ou ne devienne pas telle pour moi.

La tendance habituelle, ô moines, n’est pas le Soi. Si la tendance habituelle était le Soi, ô moines, la tendance habituelle ne serait pas sujette aux maladies et l’on aurait la possibilité de dire à propos de la tendance habituelle : Que ma tendance habituelle devienne ou ne devienne pas telle pour moi.
Cependant, puisque la tendance habituelle n’est pas le Soi, la tendance habituelle est sujette aux maladies et l’on n’a pas la possibilité de dire à propos de la tendance : Que ma tendance habituelle devienne ou ne devienne pas telle pour moi.

La conscience, ô moines, n’est pas le Soi. Si la conscience était le Soi, ô moines, la conscience ne serait pas sujette aux maladies et l’on aurait la possibilité de dire à propos de la conscience : Que ma conscience devienne ou ne devienne pas telle pour moi.
Cependant, puisque la conscience n’est pas le Soi, la conscience est sujette aux maladies, et l’on n’a pas la possibilité de dire à propos de la conscience : Que ma conscience devienne ou ne devienne pas telle pour moi.

Qu’en pensez-vous, ô moines ? la forme est-elle permanente ou impermanente ?
– La forme est impermanente, ô Bienheureux.
Si une chose est impermanente, est-elle dans le malheur ou dans le bonheur ?
– Dans le malheur, ô Bienheureux.
Alors, donc, de ce qui est impermanent, qui est malheur, sujet au changement, peut-on, quand on le considère, dire : Cela est mien, je suis cela, cela est mon Soi ?
– Certainement non, ô Bienheureux.
Qu’en pensez-vous, ô moines, la sensation est-elle permanente ou impermanente?
– La sensation est impermanente, ô Bienheureux.
Si une chose est impermanente, est-elle dans le malheur ou dans le bonheur ?
– Dans le malheur, ô Bienheureux.
Alors donc, de ce qui est impermanent, qui est malheur, sujet au changement, doit-on, lorsqu’on le considère, dire : Cela est mien, je suis cela, cela est mon Soi ?
– Certainement non, ô Bienheureux.

Qu’en pensez-vous, ô moines, la perception est-elle permanente ou impermanente ?
– La perception est impermanente, ô Bienheureux.
Si une chose est impermanente, est-elle dans le malheur ou dans le bonheur ?
– Dans le malheur, ô Bienheureux.
Alors donc, de ce qui est impermanent, qui est malheur, sujet au changement, doit-on, lorsqu’on le considère, dire : Cela est mien, je suis cela, cela est mon Soi ?
– Certainement, non, ô Bienheureux.

Qu’en pensez-vous, ô moines, la tendance habituelle est-elle permanente ou impermanente ?
– La tendance habituelle est impermanente, ô Bienheureux.
Si une chose est impermanente, est-elle dans le malheur ou dans le bonheur ?
– Dans le malheur, ô Bienheureux.
Alors donc, de ce qui est impermanent, qui est malheur, sujet au changement, doit-on, lorsqu’on le considère, dire : Cela est mien, je suis cela, cela est mon Soi ?
– Certainement non, ô Bienheureux.

Qu’en pensez-vous, ô moines, la conscience est-elle permanente ou impermanente ?
– La conscience est impermanente, ô Bienheureux.
Si une chose est impermanente, est-elle dans le malheur ou dans le bonheur ?
– Dans le malheur, ô Bienheureux.
Alors donc, de ce qui est impermanent, qui est malheur, sujet au changement, doit-on, lorsqu’on le considère, dire : Cela est mien, je suis cela, cela est mon Soi ?
– Certainement non, ô Bienheureux.

Il en résulte, ô moines, que tout ce qui est corps, passé, futur ou présent, intérieur ou extérieur, grossier ou subtil, vil ou excellent, lointain ou proche, tout ce qui est corps doit être considéré, selon la sagesse correcte, comme tel qu’il est, en se disant :
– Cela n’est pas à moi, je ne suis pas cela, cela n’est pas mon Soi.

Il en résulte, ô moines, que tout ce qui est sensation, passée, future ou présente, intérieure ou extérieure, grossière ou subtile, vile ou excellente, lointaine ou proche, tout ce qui est sensation doit être considéré, selon la sagesse correcte, comme tel qu’il est, en se disant :
– Cela n’est pas à moi, je ne suis pas cela, cela n’est pas mon Soi.

Il en résulte, ô moines, que tout ce qui est perception, passée, future ou présente, intérieure ou extérieure, grossière ou subtile, vile ou excellente, lointaine ou proche, tout ce qui est perception doit être considéré, selon la sagesse correcte, comme tel qu’il est, en se disant :
– Cela n’est pas à moi, je ne suis pas cela, cela n’est pas mon Soi.

Il en résulte, ô moines, que tout ce qui est tendance habituelle, passée, future ou présente, intérieure ou extérieure, grossière ou subtile, vile ou excellente, lointaine ou proche, tout ce qui est tendance habituelle doit être considéré, selon la sagesse correcte, comme tel qu’il est, en se disant :
– Cela n’est pas à moi, je ne suis pas cela, cela n’est pas mon Soi.

Il en résulte, ô moines, que tout ce qui est conscience, passée, future ou présente, intérieure ou extérieure, grossière ou subtile, vile ou excellente, lointaine ou proche, tout ce qui est conscience doit être considéré, selon la sagesse correcte, comme tel qu’il est, en se disant :
Cela n’est pas à moi, je ne suis pas cela, cela n’est pas mon Soi.

Considérant les choses ainsi, ô moines, le disciple savant réprouve le corps, il réprouve la sensation, il réprouve la perception, il réprouve la tendance habituelle, il réprouve la conscience.
Lorsqu’il les réprouve, il est sans désir. Lorsqu’il est sans désir, il est libéré du désir. Lorsqu’il est libéré vient la connaissance :
– Voici la libération.
Et il sait :
– Toute naissance nouvelle est anéantie, la Conduite pure est vécue, ce qui doit être achevé est achevé, il n’y a plus rien qui demeure à accomplir, il n’est plus (pour moi) de devenir.

Ainsi parla le Bienheureux. Les cinq moines, contents, se réjouirent des paroles du Bienheureux. De plus, pendant le déroulement de ce sermon, la pensée des cinq moines fut complètement libérée des souillures.
A ce moment il y eut six Arahants dans le monde.

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MANGALA SUTTA

Les bénédictions

Une fois, alors que le Bienheureux demeurait dans le monastère d’Anathapindika au Parc Jeta, dans la cité de Savatthi, un dieu d’une radieuse beauté apparut vers minuit, s’approcha du Bienheureux et le saluant avec respect, se tint debout à son côté. Alors, s’adressant au Bienheureux, il dit :
 » Nombreux sont les dieux et les hommes qui discutent sur les bénédictions qui donnent le bonheur. Pour ceux qui cherchent à connaître les véritables choses bienfaisantes, je vous en prie, veuillez expliquer les bénédictions.  »

Et le Bouddha dit ceci :

 » Ne pas être associé aux fous mais s’associer aux sages, rendre hommage à ceux qui méritent d’être honorés. Cela est une grande bénédiction.

Vivre dans un endroit qui procure de nombreux avantages, avoir le bénéfice de mérites accomplis antérieurement, développer convenablement son caractère. Cela est une grande bénédiction.

Etre instruit en science et en art, être discipliné et cultivé, dire des paroles justes. Cela est une grande bénédiction.

Prendre soin de ses parents, bien traiter sa femme et ses enfants, accomplir des actions justes. Cela est une grande bénédiction.

Etre charitable, se conduire honnêtement, avoir soin de sa famille, accomplir de bonnes actions. Cela est une grande bénédiction.

S’abstenir du mal, renoncer aux intoxicants, être vigilant dans le bien. Cela est une grande bénédiction.

Se conduire avec dignité et douceur, être content et reconnaissant, entendre la Loi au juste moment. Cela est une grande bénédiction.

Etre patient, être courtois, rechercher la compagnies des sages, parler de la Loi au juste moment. Cela est une grande bénédiction.

Etre restreint, mener la vie pure, avoir la vision intérieure profonde des Nobles Vérités, avoir la compréhension absolue du Nirvana. Cela est une grande bénédiction.

Etant touché par les conditions du monde, demeurer avec un esprit inébranlable, être libre de chagrin, d’attachement et de peur. Cela est une grande bénédiction.

Ceux qui suivent ces principe, ceux-là ne seront jamais vaincus, mais ils iront toujours vers le bonheur et pour eux cela sera une grande bénédiction. « 

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Darukkhandha-Sutta

Un tronçon de bois

Une fois, le bienheureux séjournait au pays de Kosambi, au bord de la rivière Gange.

Le Bienheureux vit un tronçon de bois qui descendait le Gange. Ayant vu ce morceau de bois, le Bienheureux s’adressa aux moines et dit:

« Ô moines, voyez-vous ce morceaux de bois qui descend le Gange ? »

– Oui, Bienheureux, répondirent-ils.

– Alors, ô moines, si ce morceau de bois ne se jette pas contre cette rive, ou s’il ne se jette pas contre l’autre rive, ou s’il ne se noie pas au milieu du fleuve, ou s’il ne s’enfonce pas jusqu’au fond de l’eau, ou s’il ne tombe pas dans les mains d’êtres humains, ou dans les mains d’êtres non humains, ou s’il n’est pas pris dans un tourbillon, ou s’il ne se décompose pas intérieurement, eh bien, ô moines, ce tronçon de bois flottera vers l’Océan, il descendra vers l’Océan, il se dirigera vers l’Océan. Pourquoi ? Parce que, ô moines, le fleuve Gange coule vers l’Océan, il descend vers l’Océan, il se dirige vers l’Océan.

« De même, ô moines, si vous ne vous jetez pas contre cette rive, ou si vous ne vous jetez pas contre l’autre rive, ou si vous ne vous noyez pas que milieu du fleuve, ou si vous ne vous enfoncez pas jusqu’au fond de l’eau, ou si vous ne vous noyez pas au milieu du fleuve, ou si vous ne tombez pas dans les mains d’êtres humains, ou si vous n’êtes pas pris dans un tourbillon, ou si vous ne vous décomposez pas intérieurement, alors, ô moines, vous coulerez vers le Nirvana, vous descendrez vers le Nirvana, vous vous dirigerez vers le Nirvana. Pourquoi ? Parce que, ô moines, la compréhension correcte coule vers Nirvana, elle descend vers le Nirvana, elle se dirige vers le Nirvana.

Lorsque le bienheureux eut, ainsi parlé, un moine dit :

« Ô Bienheureux, quelle est la signification de – cette rive – ? Quelle est – l’autre rive – ? Quelle est la signification de – se noyer dans le milieu du fleuve – ? Quelle est la signification de – se noyer dans le milieu du fleuve – ? Quelle est la signification de – s’enfoncer jusqu’au fond de l’eau -? Quelle est la signification de – tomber dans les mains d’êtres humains -? ou celle de -tomber dans les mains d’êtres non humains -? Quelle est la signification – d’être pris dans un tourbillon – ? Quelle est la signification de – se décomposer intérieurement – ?

Cette rive, ô moine, est un nom pour les six sphères sensorielles de l’intérieur. (Oeil, oreille, nez, langue, corps, pensée.) L’autre rive, ô moine, est un nom pour les six sphères sensorielles de l’extérieur. (Forme visible, son, odeur, goût, choses tangibles et objets mentaux.) Se noyer dans le milieu du fleuve, ô moine, est un nom pour l’avidité passionnée et le désir. S’enfoncer au fond de l’eau, ô moine, est un nom pour la fierté de soi-même.

Ici, ô moine, quelle est le sens de – tomber dans les mains d’êtres humain – ?

Supposons, ô moine, que quelqu’un vive en relation intime avec les laïcs. Il se réjouit avec les gens qui se réjouissent. Il s’afflige avec les gens qui s’affligent. Il prend du plaisir avec les gens qui prennent du plaisir. Il souffre avec les gens qui souffrent et établi un lien étroit entre lui-même et ce qui arrive. Voilà ce qu’est, ô moine, – tomber dans les mains d’êtres humains –

Ici, quel est, ô moine, le sens de – tomber dans les mains d’êtres non humain – ?

Supposons, ô moine, que l’on s’engage dans la conduite pure dans l’espoir de renaître parmi tel ou tel groupe de dieux, en se disant : « Par le moyen de cette vertu, ou par le moyen de cette pratique, ou par le moyen de cette austérité, ou par le moyen de cette conduite pure, que je devienne un petit dieu ou un grand dieu ! » Voilà ce qu’est, ô moine, – tomber dans les mains d’ êtres non humain – – Pris dans un tourbillon -, ô moine, est un nom pour les cinq plaisirs. Quelle est la signification de – se décomposer intérieurement – ? Supposons, ô moine, quelqu’un qui mène une vie non vertueuse. Il s’engage dans les mauvaises choses, il est impur. Il a un comportement douteux. Il a des affaires secrètes. Bien qu’il prétende être religieux, il ne l’est pas. Bien qu’il prétende être pratiquant de la conduite pure, il ne l’est pas. Il est pourri tel un tas d’ordure. Tel est, ô moine, le sens de – se décomposer intérieurement –

A ce moment là, un vacher nommé Nanda se trouvait debout, non loin du Bienheureux. Le vacher Nanda s’écria alors : « Moi, ô Bienheureux, je suis quelqu’un qui ne se jette pas – contre cette rive – Je suis quelqu’un qui ne se jette pas contre – l’autre rive – Je ne me – noierai pas au milieu du fleuve – Je ne – m’enfoncerai pas jusqu’au fond de l’eau – Je ne – tomberai pas dans les mains des êtres humain – Je ne – tomberai pas dans les mains d’êtres non humain – Je ne -serais pas pris dans un tourbillon – Je ne me – décomposerai pas de l’intérieur – Ô Bienheureux, puissé-je obtenir l’Ordination mineure et l’Ordination majeure auprès du Bienheureux.

– Alors, ô Nanda, rendez les vaches à leurs propriétaires dit le Bienheureux.

– Ô Bienheureux, les vaches retourneront. Elles seront attirées par leurs veaux.

– Justement, ô Nanda, rendez les vaches à leurs propriétaires répéta le Bienheureux.

Alors, le vacher Nanda ayant rendu les vaches à leurs propriétaires, étant revenu devant le Bienheureux. dit : « Ô Bienheureux, les vaches ont été rendues à leurs propriétaires. Ô Bienheureux puissé-je obtenir l’Ordination mineure et l’Ordination majeure auprès du Bienheureux ! »

Le vacher Nanda obtint l’Ordination mineure et l’Ordination majeure auprès du Bienheureux. Peu de temps après son Ordination majeur, Nanda demeurant seul, retiré, vigilant, ardent, résolu, parvint rapidement à ce but pour réalisation duquel les fils de famille quittent leur maison pour la vie religieuse, cet incomparable but de la Conduite pure, il le réalisa dans cette vie même. Il comprit :  » La naissance est détruite, la Conduite pure est vécue, ce qui doit être achevé est achevé, plus rein ne demeure à accomplir. »

Ainsi, Nanda parvint au nombre des Arahants.

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SATIPATTHANA SUTTA

Ce texte est un enseignement majeur du Bouddha, probablement l’un des plus fidèle dans sa traduction et l’un des mieux transmis au cours des siècles. Si le premier sutta relatif aux quatre nobles vérités (tout aussi fiable que celui-ci) suivi de l’exposé sur le noble sentiers octuples est la base de la doctrine, le Satipatthana-sutta est la quintessence de l’enseignement, car il est l’exposé de la mise en pratique de la méditation Bouddhiste. Cette dernière est incontournable pour celui qui veux obtenir les fruits de la libération, de l’Eveil.

L’Etablissement de l’Attention

Un jour que le bouddha se trouvait au pays des Kurus, dans un village nommé Kammassadhamma, il entreprit d’exposer la doctrine de l’attention à ses disciples :

« Il n’y a qu’un seul sentier, ô moines, conduisant à la purification des êtres, à la conquête des douleurs et des peines, à la destruction des souffrances physiques et morales, à l’acquisition de la conduite droite, à la réalisation du Nirvana, ce sont les quatre sortes d’établissements de l’attention.
Quelles sont ces quatre sortes ?
Voici, ô moines, un moine observant le corps demeure énergique, compréhensif, attentif, ayant rejeté les désirs et les soucis mondains; observant les sensations…, observant l’esprit…, observant les sujets différents, il demeure énergique, compréhensif, attentif, ayant rejeté les désirs et les soucis mondains. »

I
Le corps

« Et comment, ô moines, un moine demeure t’il observant le corps ?
Voici, ô moines, un moine étant allé dans la forêt, ou au pied d’un arbre, ou dans une maison isolée, s’assied, les jambes croisées, le corps droit, son attention fixée devant lui. Attentivement il inspire, attentivement il expire. Inspirant lentement, il sait « Lentement j’inspire ». Expirant lentement, il sait  » Lentement j’expire ». Inspirant rapidement, il sait « Rapidement j’inspire ». Expirant rapidement, il sait « Rapidement j’expire ». « Ressentant tout le corps, j’inspire », ainsi s’entraîne t’il. « Ressentant tout le corps , j’expire », ainsi s’entraîne t’il. « Calmant les activités du corps, j’inspire », ainsi s’entraîne t’il. « Calmant les activités du corps, j’expire », ainsi s’entraîne t’il.

De même, ô moines, qu’un habile tourneur ou un apprenti tourneur, tournant lentement sait : « Lentement je tourne », tournant rapidement il sait : « Rapidement je tourne ». De même, ô moines, un moine inspirant lentement sait : « Lentement j’inspire », inspirant rapidement il sait : « Rapidement j’inspire ». « Calmant les activités du corps, j’inspire », ainsi s’entraîne t’il. « Calmant les activités du corps, j’expire », ainsi s’entraîne t’il.

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l’apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l’apparition et la disparition du corps. « Voilà le corps », cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le monde. C’est ainsi, ô moines, qu’un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, un moine allant sait : « Je vais », étant debout, il sait « Je suis debout », étant assis, il sait : « Je suis assis », étant couché, il sait : « Je suis couché », le corps étant dans telle ou telle position, il le sait être dans telle ou telle position.

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l’apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l’apparition et la disparition du corps. « Voilà le corps », cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le monde. C’est ainsi, ô moines, qu’un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, un moine allant ou revenant en est parfaitement conscient, regardant devant ou autour de lui, il en est parfaitement conscient, étendant ou repliant les membres, il en est parfaitement conscient, portant un bol et les robes monastiques, il en est parfaitement conscient, mangeant, buvant, mastiquant, goûtant, il en est parfaitement conscient, déféquant, urinant, il est parfaitement conscient, marchant, étant debout, s’asseyant, s’endormant, s’éveillant, parlant, se taisant, il en est parfaitement conscient.

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l’apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l’apparition et la disparition du corps. « Voilà le corps », cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le monde. C’est ainsi, ô moines, qu’un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, un moine observe ce corps de la plante des pieds au sommet de la tête, recouvert de peau et rempli d’impuretés diverses : « Il y a dans ce corps : cheveux, poils, ongles, dents, peau, chair, tendons, os, moelles, reins, coeur, foie, plèvre, rate, poumons, intestins, mésentère, estomac, excréments, bile, flegme, pus, sang, sueur, graisse, larmes, suint, salive, mucus, synovie, urine. »

De même, ô moines, que s’il y avait un sac à deux ouvertures rempli de graisses diverses, telles que : riz, riz brut, pois chiches, haricots, sésames, riz perlé, alors un homme qui voit bien l’ayant ouvert , examinerait : « Ceci est du riz, ceci est du riz brut, ceci est des pois chiches, ceci est des haricots, ceci du sésame, ceci du riz perlé », de même ô moines, un moine observe ce corps de la plante des pieds au sommet de la tête, recouvert de peau et rempli d’impuretés diverses : il y a dans ce corps : cheveux, poils, ongles, dents, peau, chair, tendons, os, moelles, reins, coeur, foie, plèvre, rate, poumons, intestins, mésentère, estomac, excréments, bile, flegme, pus, sang, sueur, graisse, larmes, suint, salive, mucus, synovie, urine.

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l’apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l’apparition et la disparition du corps. « Voilà le corps », cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le monde. C’est ainsi, ô moines, qu’un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, un moine examine le corps, tel qu’il est placé par éléments : « Il y a dans ce corps l’élément terre, l’élément eau, l’élément feu, l’élément air ».

De même ô moines, qu’un habile boucher, ou un apprenti boucher, ayant tué une vache va s’asseoir à un carrefour l’ayant débitée en morceaux, de même, ô moines, un moine examine ce corps tel qu’il est placé par éléments : « Il y a dans ce corps l’élément terre, l’élément eau, l’élément feu, l’élément air ».

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l’apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l’apparition et la disparition du corps. « Voilà le corps », cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le monde. C’est ainsi, ô moines, qu’un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier, mort depuis un jour, deux jours, trois jours, gonflé, bleui, putréfié, il réfléchit à son propre corps : « Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il ne peut l’éviter ».

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l’apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l’apparition et la disparition du corps. « Voilà le corps », cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le monde. C’est ainsi, ô moines, qu’un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier, déchiqueté par les corbeaux, les vautours, rongé par toutes sortes de vers, il réfléchit à son propre corps : « Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il ne peut l’éviter ».

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l’apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l’apparition et la disparition du corps. « Voilà le corps », cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le monde. C’est ainsi, ô moines, qu’un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier, charpente d’ossements liés par les tendons, sans plus de chair, mais taché de sang, il réfléchit à son propre corps : « Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il ne peut l’éviter ».

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l’apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l’apparition et la disparition du corps. « Voilà le corps », cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le monde. C’est ainsi, ô moines, qu’un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier, les ossements déliés des tendons, dispersés ça et là, ici un os des mains, là un os des pieds, là un tibia et là un fémur, ici un bassin et là des vertèbres, ici le crâne, il réfléchit à son propre corps « Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il ne peut l’éviter ».

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l’apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l’apparition et la disparition du corps. « Voilà le corps », cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le monde. C’est ainsi, ô moines, qu’un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier, les ossements blanchis comme des coquillages, il réfléchit à son propre corps « Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il ne peut l’éviter ».

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l’apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l’apparition et la disparition du corps. « Voilà le corps », cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le monde. C’est ainsi, ô moines, qu’un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier, les ossements entassés après un an passé, il réfléchit à son propre corps « Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il ne peut l’éviter ».

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l’apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l’apparition et la disparition du corps. « Voilà le corps », cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le monde. C’est ainsi, ô moines, qu’un moine demeure observant le corps.

Et de plus, ô moines, quand un moine voit un corps jeté sur un charnier, les ossements pourris et devenus poussière, il réfléchit à son propre corps « Ce corps a la même nature, il deviendra de même, il ne peut l’éviter ».

Ainsi il demeure, observant le corps intérieurement; il demeure observant le corps extérieurement, il demeure observant le corps intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l’apparition du corps, il demeure observant la disparition du corps, il demeure observant l’apparition et la disparition du corps. « Voilà le corps », cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le monde.

C’est ainsi, ô moines, qu’un moine demeure observant le corps. »

II
Les sensations

« Et comment, ô moines, un moine demeure t’il observant les sensations ?
« Voici, ô moines, un moine ressentant une sensation agréable sait : « Je ressens une sensation agréable », ressentant une sensation désagréable, il sait : « Je ressens une sensation désagréable », ressentant une sensation ni agréable, ni désagréable, il sait : « Je ressens une sensation ni agréable, ni désagréable ». Ressentant une sensation charnelle agréable, il sait : « Je ressens une sensation charnelle agréable », ressentant une sensation spirituelle agréable, il sait : « Je ressens une sensation spirituelle agréable », ressentant une sensation charnelle ni agréable, ni désagréable, il sait : « Je ressens une sensation charnelle ni agréable, ni désagréable », ressentant une sensation spirituelle ni agréable, ni désagréable, il sait : « Je ressens une sensation spirituelle ni agréable, ni désagréable ».

Ainsi il demeure, observant les sensations intérieurement; il demeure observant les sensations extérieurement, il demeure observant les sensations intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l’apparition des sensations, il demeure observant la disparition des sensations, il demeure observant l’apparition et la disparition des sensations. « Voilà les sensations », cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le monde.

C’est ainsi, ô moines, qu’un moine demeure observant les sensations. »

III
L’Esprit

« Et comment, ô moines, un moine demeure t’il observant l’esprit ?
Voici, ô moines, un moine ressentant un esprit passionné sait : « Ceci est un esprit passionné », ayant un esprit libre de passion, il sait : « Ceci est un esprit libre de passion », ayant un esprit haineux, il sait : « Ceci est un esprit haineux », ayant un esprit libre de haine, il sait « Ceci est un esprit libre de haine », ayant un esprit égaré, il sait « ceci est un esprit égaré », ayant un esprit libre d’égarement, il sait : « Ceci est un esprit libre d’égarement », ayant un esprit recueilli, il sait : « Ceci est un esprit recueilli », ayant un esprit distrait, il sait « ceci est un esprit distrait », ayant un esprit grand, il sait : « Ceci est un esprit grand », ayant un esprit sans grandeur, il sait : « Ceci est un esprit sans grandeur », ayant un esprit inférieur, il sait : « Ceci est un esprit inférieur », ayant un esprit supérieur, il sait : « Ceci est un esprit supérieur », ayant un esprit concentré, il sait : « Ceci est un esprit concentré », ayant un esprit libéré, il sait : « Ceci est un esprit libéré », ayant un esprit non libéré, il sait : « Ceci est un esprit non libéré ».

Ainsi il demeure, observant l’esprit intérieurement; il demeure observant l’esprit extérieurement, il demeure observant l’esprit intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l’apparition de l’esprit, il demeure observant la disparition de l’esprit, il demeure observant l’apparition et la disparition de l’esprit. « Voilà l’esprit », cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le monde.

C’est ainsi, ô moines, qu’un moine demeure observant l’esprit. »

IV
Les choses

« Et comment, ô moines, un moine demeure t’il observant les sujets différents ?
Voici, ô moines, un moine demeure observant les cinq empêchements.
Et comment, ô moines, un moine demeure t’il observant les cinq empêchements ?

Voici, ô moines, un moine quand le désir sensuel est en lui, il sait : « En moi est le désir sensuel », quand le désir sensuel n’est pas en lui, il sait : « En moi n’est pas le désir sensuel », il sait comment le désir sensuel non apparu, apparaît. Il sait comment le désir sensuel apparu est déraciné. Il sait comment le désir sensuel déraciné ne surgira plus.

Quand la méchanceté est en lui, il sait : « En moi est la méchanceté », quand la méchanceté n’est pas en lui, il sait : « En moi n’est pas la méchanceté », il sait comment la méchanceté non apparue, apparaît. Il sait comment la méchanceté apparue est déracinée. Il sait comment la méchanceté déracinée ne surgira plus.

Quand l’inertie et la torpeur sont est en lui, il sait : « En moi sont l’inertie et la torpeur », quand l’inertie et la torpeur ne sont pas en lui, il sait : « En moi ne sont pas l’inertie et la torpeur », il sait comment l’inertie et la torpeur non apparues, apparaissent. Il sait comment l’inertie et la torpeur apparues sont déracinées. Il sait comment l’inertie et la torpeur déracinées ne surgiront plus.

Quand l’agitation et le remords sont est en lui, il sait : « En moi sont l’agitation et le remords », quand l’agitation et le remords ne sont pas en lui, il sait : « En moi ne sont pas l’agitation et le remords », il sait comment l’agitation et le remords non apparus, apparaissent. Il sait comment l’agitation et le remords apparus sont déracinés. Il sait comment l’agitation et le remords déracinés ne surgiront plus.

Quand le doute est en lui, il sait : « En moi est le doute », quand le doute n’est pas en lui, il sait : « En moi n’est pas le doute », il sait comment le doute non apparu, apparaît. Il sait comment doute apparu est déraciné. Il sait comment le doute déraciné ne surgira plus.

Ainsi il demeure, observant les sujets différents intérieurement; il demeure observant les sujets différents extérieurement, il demeure observant les sujets différents intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l’apparition des sujets différents , il demeure observant la disparition des sujets différents, il demeure observant l’apparition et la disparition des sujets différents . « Voilà les sujets différents « , cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le monde.

C’est ainsi, ô moines, qu’un moine demeure observant les cinq empêchements.

Et de plus, ô moines, un moine demeure observant les cinq agrégats.
Et comment, ô moines, un moine demeure t’il observant les cinq agrégats ?
Voici, ô moines, un moine se dit : « Ainsi est la matière, ainsi est l’apparition de la matière, ainsi est la disparition de la matière ».
« Ainsi sont les sensations, ainsi est l’apparition des sensations, ainsi est la disparition des sensations ».
« Ainsi sont les perceptions, ainsi est l’apparition des perceptions, ainsi est la disparition des perceptions ».
« Ainsi sont les formations mentales, ainsi est l’apparition des formations mentales, ainsi est la disparition des formations mentales ».
« Ainsi est la conscience, ainsi est l’apparition de la conscience, ainsi est la disparition de la conscience ».

Ainsi il demeure, observant les sujets différents intérieurement; il demeure observant les sujets différents extérieurement, il demeure observant les sujets différents intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l’apparition des sujets différents , il demeure observant la disparition des sujets différents, il demeure observant l’apparition et la disparition des sujets différents . « Voilà les sujets différents « , cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le monde.

C’est ainsi, ô moines, qu’un moine demeure observant les cinq agrégats.

Et de plus, ô moines, un moine demeure observant les six sphères intérieures et extérieures des sens.

Et comment, ô moines, un moine demeure t’il observant les six sphères intérieures et extérieures des sens ?
Voici, ô moines, un moine connaît l’oeil, il connaît les formes, et il connaît le lien qui naît à cause d’eux. Il sait comment ce lien non apparu, apparaît, il sait comment ce lien apparu est brisé, il sait comment ce lien brisé, à l’avenir n’apparaîtra plus.

Il connaît l’oreille, il connaît les sons, et il connaît le lien qui naît à cause d’eux. Il sait comment ce lien non apparu, apparaît, il sait comment ce lien apparu est brisé, il sait comment ce lien brisé, à l’avenir n’apparaîtra plus.

Il connaît les nez, il connaît les odeurs, et il connaît le lien qui naît à cause d’eux. Il sait comment ce lien non apparu, apparaît, il sait comment ce lien apparu est brisé, il sait comment ce lien brisé, à l’avenir n’apparaîtra plus.

Il connaît la langue, il connaît les saveurs, et il connaît le lien qui naît à cause d’eux. Il sait comment ce lien non apparu, apparaît, il sait comment ce lien apparu est brisé, il sait comment ce lien brisé, à l’avenir n’apparaîtra plus.

Il connaît le corps, il connaît les tangibles, et il connaît le lien qui naît à cause d’eux. Il sait comment ce lien non apparu, apparaît, il sait comment ce lien apparu est brisé, il sait comment ce lien brisé, à l’avenir n’apparaîtra plus.

Il connaît le mental, il connaît les objets mentaux, et il connaît le lien qui naît à cause d’eux. Il sait comment ce lien non apparu, apparaît, il sait comment ce lien apparu est brisé, il sait comment ce lien brisé, à l’avenir n’apparaîtra plus.

Ainsi il demeure, observant les sujets différents intérieurement; il demeure observant les sujets différents extérieurement, il demeure observant les sujets différents intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l’apparition des sujets différents , il demeure observant la disparition des sujets différents, il demeure observant l’apparition et la disparition des sujets différents .

« Voilà les sujets différents « , cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le monde.

C’est ainsi, ô moines, qu’un moine demeure observant les six sphères intérieures et extérieures des sens.

Et de plus, ô moines, un moine demeure observant les sept facteurs d’éveil.

Et comment, ô moines, un moine demeure t’il observant les sept facteurs d’éveil ?

Voici, ô moines, un moine si le facteur d’éveil de l’attention est en lui, il sait : « En moi est le facteur d’éveil de l’attention », si le facteur d’éveil de l’attention n’est pas en lui, il sait : « En moi n’est pas le facteur d’éveil de l’attention », il sait quand le facteur d’éveil de l’attention non apparu, apparaît. Il sait quand le facteur d’éveil de l’attention apparu s’épanouit pleinement.

Si le facteur d’éveil de l’énergie est en lui, il sait : « En moi est le facteur d’éveil de l’énergie », si le facteur d’éveil de l’énergie n’est pas en lui, il sait « En moi n’est pas le facteur d’éveil de l’énergie », il sait quand le facteur d’éveil de l’énergie non apparu, apparaît. Il sait quand le facteur d’éveil de l’énergie apparu s’épanouit pleinement.

Si le facteur d’éveil de la joie est en lui, il sait : « En moi est le facteur d’éveil de la joie », si le facteur d’éveil de la joie n’est pas en lui, il sait : « En moi n’est pas le facteur d’éveil de la joie », il sait quand le facteur d’éveil de la joie non apparu, apparaît. Il sait quand le facteur d’éveil de la joie apparu s’épanouit pleinement.

Si le facteur d’éveil de la tranquillité est en lui, il sait : « En moi est le facteur d’éveil de la tranquillité », si le facteur d’éveil de la tranquillité n’est pas en lui, il sait : « En moi n’est pas le facteur d’éveil de la tranquillité », il sait quand le facteur d’éveil de la tranquillité non apparu, apparaît. Il sait quand le facteur d’éveil de la tranquillité apparu s’épanouit pleinement.

Si le facteur d’éveil de la concentration est en lui, il sait : « En moi est le facteur d’éveil de la concentration », si le facteur d’éveil de la concentration n’est pas en lui, il sait : « En moi n’est pas le facteur d’éveil de la concentration », il sait quand le facteur d’éveil de la concentration non apparu, apparaît. Il sait quand le facteur d’éveil de la concentration apparu s’épanouit pleinement.

Si le facteur d’éveil de l’équanimité est en lui, il sait : « En moi est le facteur d’éveil de l’équanimité », si le facteur d’éveil de l’équanimité n’est pas en lui, il sait : « En moi n’est pas le facteur d’éveil de l’équanimité », il sait quand le facteur d’éveil de l’équanimité non apparu, apparaît. Il sait quand le facteur d’éveil de l’équanimité apparu s’épanouit pleinement.

Ainsi il demeure, observant les sujets différents intérieurement; il demeure observant les sujets différents extérieurement, il demeure observant les sujets différents intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l’apparition des sujets différents , il demeure observant la disparition des sujets différents, il demeure observant l’apparition et la disparition des sujets différents . « Voilà les sujets différents », cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le monde.

C’est ainsi ô moines, qu’un moine demeure observant les six sphères intérieures et extérieures des sens.

Et de plus, ô moines, un moine demeure observant les quatre nobles vérités.

Et comment, ô moines, un moine demeure t’il observant les quatre nobles vérités ?

Voici, ô moines, un moine comprend exactement : « Ceci est dukkha », il comprend exactement : « Ceci est l’origine de dukkha », il comprend exactement : « Ceci est la cessation de dukkha », il comprend exactement : « Ceci est le sentier qui mène à la cessation de dukkha »

Ainsi il demeure, observant les sujets différents intérieurement; il demeure observant les sujets différents extérieurement, il demeure observant les sujets différents intérieurement et extérieurement. Il demeure observant l’apparition des sujets différents , il demeure observant la disparition des sujets différents, il demeure observant l’apparition et la disparition des sujets différents . « Voilà les sujets différents « , cette introspection est présente à lui, seulement pour la connaissance, seulement pour la réflexion, et il demeure libéré et ne s’attache à rien dans le monde.

C’est ainsi Voici, ô moines, qu’un moine demeure observant les quatre nobles vérités.

Alors, ô moines, celui qui pratiquerait ainsi ces quatre établissements de l’attention pendant sept ans pourrait en récolter l’un de ces deux fruits : l’état d’Arahant dans cette vie, ou, s’il y a un reste d’attachement, l’état de non retour.

Mais laissons, ô moines, ces sept ans.

Celui qui pratiquerait ainsi ces quatre établissements de l’attention pendant six ans, cinq ans, quatre ans, trois ans, deux ans, un an pourrait en récolter l’un de ces deux fruits : l’état d’Arahant dans cette vie, ou, s’il y a un reste d’attachement, l’état de non retour.

Mais laissons, ô moines, cette année.

Celui qui pratiquerait ainsi ces quatre établissements de l’attention pendant sept mois pourrait en récolter l’un de ces deux fruits : l’état d’Arahant dans cette vie, ou, s’il y a un reste d’attachement, l’état de non retour.

Mais laissons, ô moines, ces sept mois.

Celui qui pratiquerait ainsi ces quatre établissements de l’attention pendant six mois, cinq mois, quatre mois, trois mois, deux mois, un mois, un demi-mois pourrait en récolter l’un de ces deux fruits : l’état d’Arahant dans cette vie, ou, s’il y a un reste d’attachement, l’état de non retour.

Mais laissons, ô moines, ce demi-mois.

Celui qui pratiquerait ainsi ces quatre établissements de l’attention pendant sept jours pourrait en récolter l’un de ces deux fruits : l’état d’Arahant dans cette vie, ou, s’il y a un reste d’attachement, l’état de non retour.

Il n’y a qu’une seule voie, ô moines, conduisant à la purification des êtres, à la conquête des douleurs et des peines, à la destruction des souffrances physiques et morales, à la conduite droite, à la réalisation du Nirvana. Ce sont les quatre établissements de l’attention. »

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QUELQUES SUTRAS CHOISIS

Voici une page où vous pourrez trouvez un choix de suttras, tous issus de la tradition Bouddhiste.
Ils ont été sélectionnés pour leur importance, leur facilité de lecture et de compréhension, afin de satisfaire à des gens qui ne sont pas des érudits mais également à quiconque désire en savoir davantage sur la pensée Bouddhiste.

Comme nous savons qu’il est parfois difficile de lire avec soins des textes sur un écran d’ordinateur, que la concentration est ainsi difficile à atteindre, nous vous proposons de télécharger au format MicrosoftWord® l’intégralité des textes de ce site.

Aussi, nous vous conseillons de les imprimer afin d’en faire la lecture en toute tranquillité et au moment que vous jugerez opportun.

Bientôt de nouveaux sutras

Nous vous souhaitons une bonne lecture mais par dessus tout, une bonne compréhension.

Satipatthana-Sutta

Ce long sutra nommé Satipatthana-Sutta est un texte majeur de l’enseignement de Bouddha. Il est l’exposé pratique de la méditation Bouddhiste, voie de l’Eveil.

Darukkhandha-Sutta

Ce sutra nommé Darukkhandha-Sutta met en scène Bouddha et ses moines alors qu’ils observent ensemble un morceau de bois descendre le courant du Gange. Bel exemple du détachement (pas du désintéressement) utile à la pratique de la voie.

Mangala-Sutta

Dans ce petit sutra appelé Mangala-Sutta Bouddha reçoit la visite d’un dieu qui désire en savoir davantage sur les bénédictions.

Metta-Sutta

Le sutra de l’amour universel, Metta-Sutta est l’énoncé des attitudes qu’il convient de cultiver pour que l’esprit du pratiquant soit libre et léger, favorisant ainsi la marche vers l’Eveil.

Indriyabhavana-sutta

Ce sermon de Bouddha , nommé Indriyabhavana-sutta, traite du dévellopement des facultés sensorielles et comment faire face aux objets des sens.

Anattalakkhana-sutta

Ce sutra essentiel de l’enseignement de Bouddha, est consacré à la notion du non-soi. Il se nomme Anattalakkhana-sutta et il y est démontré que l’on ne saurait trouver un Soi dans les cinq agrégats d’attachement.

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L’APPEL DE GENÈVE

l’Appel de Genève

Parce que nos religions ou nos convictions personnelles ont en commun le respect de la dignité de la personne humaine.

Parce que nos religions ou nos convictions personnelles ont en commun le refus de la haine et de la violence.

Parce que nos religions ou nos convictions personnelles ont en commun l’espoir d’un monde meilleur et juste.

Nous, représentants de communautés religieuses et représentants de la société civile, demandons aux décideurs planétaires, quel que soit leur champ d’activité, de respecter de manière absolue les trois préceptes suivants:

Ne pas invoquer une force religieuse ou spirituelle pour justifier la violence, quelle qu’elle soit.

Ne pas se référer à une force religieuse ou spirituelle pour justifier toute discrimination et exclusion.

Ne pas user de sa force, de sa capacité intellectuelle ou spirituelle, de sa richesse ou de son statut social, pour exploiter ou dominer l’autre.

Notre Appel, qui s’inscrit dans la tradition d’accueil, d’asile et de compassion de Genève, est ouvert à toute personne dont les convictions s’accordent avec les présentes demandes.

Ce texte provient de

La plate-forme interreligieuse de Genève

La Plate-forme interreligieuse de Genève est un groupe de personnes de différentes communautés religieuses bouddhistes, baha’is, chrétiens (catholiques-romains, catholiques-chrétiens, protestants calvinistes, luthériens), hindous, juifs, musulmans. Chacun, chacune appartient à cette Plate-forme à des titres divers, soit mandaté, soit simple relais ou encore comme responsable de communauté.

Née en 1992 d’une initiative du Centre Protestant d’Etudes, la Plate-forme interreligieuse de Genève réunit des responsables d’importantes communautés spirituelles, de manière informelle, pour se connaître, pour déjouer des tensions, nouer des liens. Chaque année, à l’automne, la Plate-forme organise des journées interreligieuses, ouvertes au public, et elle co-édite un calendrier destiné aux adultes et aux écoles de la Suisse romande, pour informer sur les différentes fêtes religieuses, les traditions, et leur signification.

En octobre 1998, une association, ouverte aux personnes intéressées au dialogue entre les religions, avec une charte et des statuts, s’est créée.

La Plate-forme a participé à certains des grands événements marquants de la vie religieuse de Genève, par exemple en 1998, lors de la Conférence mondiale sur le SIDA ou lors de la cérémonie à la cathédrale St. Pierre après le tragique accident de l’avion de Swissair, près de Halifax et la cérémonie liée aux attentats du 11 septembre aux États-Unis.

En octobre 1997, nous nous sommes donnés la charte suivante :

La Charte

Nous croyons à l’ouverture de l’intelligence et du coeur, à la liberté de qui s’engage dans l’aventure spirituelle. Pour nous, la religion apporte la paix intérieure et incite à rechercher la paix avec les autres. Face aux incompréhensions, aux intolérances et aux exclusions, nous désirons partager le même esprit d’ouverture, de disponibilité spirituelle, d’accueil de la richesse de l’autre, et de respect de son identité profonde. De ce fait, nous refusons tout prosélytisme.

Nous pensons que la véritable rencontre interreligieuse implique que chaque personne donne librement et sincèrement aux autres le témoignage de ce qu’elle croit et de ce qu’elle vit et accueille pareillement le témoignage des autres.

Nous sommes certains que la rencontre entre ce que chaque personne croit vrai et la vérité des autres nous amènera à une meilleure connaissance de la Vérité, ce qui n’entraîne aucun syncrétisme.

C’est au moment où nous commençons à dialoguer sur nos convictions et préoccupations que nous mesurons combien nos vies sont en déficit par rapport à nos idéaux. Nous sommes prêts à faire l’apprentissage de ce cheminement.

Nous espérons que notre rencontre suscitera une dynamique de communication entre nos communautés. Nous savons que chaque jour il nous faut commencer à être ensemble, et ainsi modestement contribuer à réparer les longs siècles d’ignorance, d’hostilité et d’intolérance entre les religions.

Genève a une longue tradition d’ouverture internationale. Notre ville est devenue un carrefour important de relations mondiales. Nous pensons qu’un tel groupe de fidèles est nécessaire, car l’avenir d’une société cosmopolite comme la nôtre se cherche et se trouve sans cesse dans la relation à l’autre.

Pour réaliser les projets communs, il y a des rencontres régulières, des journées annuelles grand public, des publications, des visites de communauté à communauté. Nous sommes attentifs aux appels venus de l’extérieur qui touchent à l’interreligieux. Conscients de nos responsabilités, nous nous engageons au service de la justice, de la paix et de la sauvegarde de la création.

Si l’esprit oecuménique et universel de cette plate-forme et de son Appel vous sensibilise et vous touche; si vous êtes en accord avec les principes évoqués dans ces textes, vous pouvez vous aussi cautionner l’Appel de Genève en y apportant votre soutien, inscription en ligne à l’adresse suivante :

http://www.geneve.ch/appelgeneve

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QUELQUES TEXTES DE LA TRADITION

Voici une page où vous pourrez trouvez un choix de textes divers (textes d’auteurs inconnus et commentaires de Suttras), tous issus de la tradition Bouddhiste.
Ils ont été sélectionnés pour leur facilité de lecture et de compréhension, afin de satisfaire à des gens qui ne sont pas des érudits mais également à quiconque désire en savoir davantage sur la pensée Bouddhiste.

Comme nous savons qu’il est parfois difficile de lire avec soins des textes sur un écran d’ordinateur, que la concentration est ainsi difficile à atteindre, nous vous proposons de télécharger au format MicrosoftWord® l’intégralité des textes de ce site.

Aussi, nous vous conseillons de les imprimer afin d’en faire la lecture en toute tranquillité et au moment que vous jugerez opportun.

Bientôt de nouveaux textes

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Nous vous souhaitons une bonne lecture mais par dessus tout, une bonne compréhension.

Voici un extrait du Dhammapada contenant 165 stances. Ce texte est considéré comme le condensé de l’enseignement de Bouddha, le texte original comporte 423 stances.

Voici un texte ayant pour thème le Bonheur selon le point de vue de la tradition et de l’enseignement Bouddhiste.

Voici un texte traitant de la Mort selon le point de vue de l’enseignement Bouddhiste. Ce texte fut présenté au personnel hospitalier de l’Hôpital Cantonal de Genève et commenté par le Vénérable Dhammika en mai 2000.

Voici un texte très bref évoquant la loi ou plus précisement la dynamique du Karma. La compréhension de ce principe à caractère universel, revêt une importance crucialle pour celui qui désire cheminer sur les pas de Bouddha.

Nous abordons ici, toujours de façon succincte, la notion essentielle de Non-Soi Anatta. Mais également les deux types de vérités, soit la vérité conventionnelle et la vérité ultime.

Sont abordés dans ce textes des notions fondamentales relatives aux Douzes Liens de l’interdépendance, causes de nos renaissance dans le cycle infini du Samsara.

Voyons dans cette page comment il est nécessaire de procéder pour une Pratique Juste selon un ancien Sutta de la tradition.

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LE MOINE RESPONSABLE

Le Centre Bouddhiste International de Genève existe depuis 1992, il est dirigé par le Vénérable Tawalama Dhammika, Moine Bouddhiste Sri-Lankais de la tradition Theravada. (Theravada signifiant : doctrine des aînés, lesquels gardent l’enseignement authentique de Bouddha sans aucune modification). Bien que le Centre soit dirigé par un moine de la tradition Théravada, il est sympathisant de tous les courants bouddhistes et les échanges y sont nombreux. De plus, le Vénérable Dhammika est membre fondateur de la plateforme inter-religieuse de Genève. Le dialogue et les cérémonies oeucuméniques avec les autres traditions lui sont coutumiers.

Bhanté Dhammika est moine depuis l’âge de onze ans. Il a étudié le Bouddhisme, la langue Pâli et le Sanskrit avec son Maître le Vénérable Mãwanané Pemãnandã au temple de Sri Vijayãnanda à Habarakada/Gãlle au sud du Sri-Lanka. Puis, il a poursuivi ses études à l’Université de Colombo au Sri-Lanka, puis en Europe à la Sorbonne/France. Sur la photo ci-dessus, il apparaît en compagnie de son assistant Bhanté Sujatha.